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Brésil : Entretien avec Valdelice de Jesus Almeida, Présidente de l'union du Maranhão et élue de la FENATRAD

Par IDWFED Dernière modification 01/05/2020 00:00

 

Brésil - 

1 - Qu'est-ce qui vous inquiète le plus ?

Ma plus grande inquiétude est que les travailleuses domestiques contractent la maladie COVID-19. Je ne suis pas seulement inquiète pour ma propre santé, mais aussi pour celle des travailleuses domestiques en général. Celles qui ont un contrat peuvent rester chez elles, tandis que les travailleuses journalières, comme moi, ont été licenciés. Rester à la maison signifie ne pas être payé. Comme la plupart des travailleuses domestiques sont les soutiens de famille de leur foyer, comment vont-elles payer leurs factures ? Ma famille, par exemple, dépend de mon salaire, car mon mari ne peut pas se permettre de tout payer tout seul. Je ne sais pas comment je vais payer la part des dépenses dont je suis généralement responsable. Je ne reçois plus d'argent depuis des semaines. La plupart des travailleuses journalières, les diaristas, vont vivre cette même situation.

2 - A quoi ressemble votre journée maintenant ? 

Ma journée consiste maintenant à être une femme au foyer. Je fais le ménage, je cuisine, je m'occupe du ménage, comme avant, sauf que je ne suis pas payée pour cela. Je passe aussi une partie de la journée à appeler mes affiliés et mes camarades pour prendre de leurs nouvelles, pour savoir comment ils s'en sortent. Je parle à au moins 20 travailleuses domestiques chaque jour, par le biais de WhatsApp, et j'en appelle 5 autres qui n'ont pas cette application, chaque samedi, sur leur ligne fixe. Je leur demande comment elles vont, si elles prennent soin d'elles-mêmes, et je leur offre mon soutien. Je leur fais savoir que je suis là si elles ont besoin de moi. Je sais que la situation est difficile pour elles toutes et qu'il peut être agréable d'avoir quelqu'un à qui parler, nous voulons tous que quelqu'un nous dise que tout va bien se passer.