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Monde : Accord pour une loi internationale pour mettre fin à la violence et au harcèlement à l'encontre des femmes et des hommes dans le monde du travail - Victoire de la Conférence internationale du travail, juin 2018

Monde : Accord pour une loi internationale pour mettre fin à la violence et au harcèlement à l'encontre des femmes et des hommes dans le monde du travail - Victoire de la Conférence internationale du travail, juin 2018

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Par IDWFED Dernière modification 16/07/2018 00:00
Contributeurs : Adriana Paz
Compte-rendu sur la FITD à la conférence, 2018.

Details

MONDE -

La première discussion à la 107e session de la Conférence internationale du travail (CIT) a adopté la conclusion proposée en vue d'une convention, et a entamé le débat sur les conclusions proposées en vue d'une recommandation.

Les travailleurs domestiques sont de retour à l'OIT en élaborant la norme internationale du travail pour mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. La CIT a tenu sa 107e session à Genève du 28 mai au 9 juin.  Environ 5 000 délégués représentant des gouvernements, des travailleurs, des employeurs et des organisations non gouvernementales du monde entier se sont réunis pour discuter et débattre de la  création d’un instrument qui résoudra le problème omniprésent de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

Les voix des travailleurs domestiques étaient fortes et ont été entendues dans le débat. La FITD comptait une délégation de 15 travailleurs domestiques ainsi que d'autres dirigeants d'organisations d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, d'Amérique du Nord et des Caraïbes.   

« Nous, les travailleurs domestiques, sommes de retour, cette fois pour une autre convention de l'OIT pour nous protéger contre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail. La violence invisible que nous devons supporter dans nos lieux de travail en tant que femmes et en tant que travailleuses est l'une des injustices les plus répandues dans notre secteur, mais nous sommes ici pour nous assurer que cela prendra fin », a déclaré Myrtle Witbooi. Présidente de la FITD et chef de la délégation.

Notre voyage à Genève. 

Notre fédération a travaillé pour préparer cette conférence internationale du travail pendant deux années. Parmi ses actions stratégiques en 2017-2018 la FITD a enquêté auprès de ses affiliés afin de comprendre les situations nationales. 

En avril et mai de cette année, des affiliés de l'Afrique à l'Asie, à l'Europe et aux Amériques et des Caraïbes se sont réunis dans des ateliers régionaux pour échanger des histoires, discuter de stratégies et planifier des actions pour s'attaquer à ce problème dans leurs pays et au niveau international.

Plus précisément, dans le cadre du processus de l'OIT, notre fédération a consigné les réponses de ses affiliés aux questionnaires de l'OIT.

Suite à ces consultations, la FITD a produit une “Plateforme des demandes” présentant les problèmes que les travailleurs domestiques ont jugés comme étant les plus importants dans cette discussion. 

 

Les travailleurs du secteur informel se sont exprimés d'une seule voix à la CIT.

Lors de cette session de la CIT, nous nous sommes associés à nos alliés de WIEGO, StreetNet, HomeNet et UITA afin d’avoir une voix unique et forte représentant les travailleurs du secteur informel tels que les ramasseurs de déchets, les vendeurs de rue, les travailleurs à domicile et les travailleurs domestiques.. Les travailleurs informels sont nos alliés et amis de longue date dans la lutte pour le travail décent. Ensemble, nous avons uni nos efforts pour apporter stratégiquement les voix et les expériences des travailleurs qui sont parmi les plus marginalisés et donc les plus exposés à la violence, au harcèlement, aux abus et à l'intimidation. Les témoignages de nos affiliés et de nos alliés dans ces secteurs nous montrent qu'il est urgent de s'attaquer à ces problèmes omniprésents qui rendent les travailleurs vulnérables aux incidents de violence au travail, de même qu'aux manques de reconnaissance, de protection et d'accès à la justice. Pour plus d’information, lire la note Violence et travail informel de WIEGO. 

Notre délégation a dirigé avec courage, force et stratégie à la CIT.

Au cours de la conférence, notre délégation a joué un rôle important en naviguant habilement et sans relâche à différents niveaux de plaidoyer politique influençant les opinions et façonnant les débats au sein de leurs délégations syndicales nationales, de leurs représentants gouvernementaux ainsi que dans l'arène syndicale internationale. Nos leaders ont distribué notre Plateforme des demandes et ont soumis nos propositions d’amendement aux groupes de travailleurs. Veuillez écouter ici le discours de notre présidente Myrtle Witbooi lors de la session plénière de la CIT; consultez les interviews de nos dirigeants de SINACTTRAHO-Mexique, Marcelina Butista, et Zainab Ecumba de KUDHEIHA-Kenya et visitez notre galerie de photos pour avoir une idée des activités réalisées par notre délégation. Nos membres du ExCo et les coordinateurs régionaux ont aussi joué un rôle important dans le réseautage et le plaidoyer auprès des décideurs politiques internationaux du travail, de la CSI et d'autres alliés régionaux et nationaux pour faire avancer l'agenda sur le travail décent, les lieux de travail libres de violence et de harcèlement, parmi d’autres priorités.

Liezl Galdo, AMMPO,
Organisation des travailleurs domestiques migrants philippins de Malaisie :


Au début, je n'ai rien compris. Surtout avec la présentation des employeurs.

Petit à petit, j'ai commencé à internaliser le processus et donc les sujets. J'ai commencé à faire ma part - à chercher les représentants de notre pays. J'ai rencontré mon représentant du gouvernement.

J'étais enthousiaste pour leur raconter nos histoires. Des discussions animées ont eu lieu entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs. J'ai observé qu'il y avait des gouvernements favorables, mais aussi certains qui s'opposaient à la convention.

Je me demande pourquoi certains gouvernements n'ont pas défendu les travailleurs lorsque leurs travailleurs migrants à l'étranger sont les plus vulnérables. Ce que j'ai appris, c'est que je dois en savoir plus sur la loi.

Nous devons avoir des connaissances juridiques pour débattre et défendre nos droits. (Lire le partage de Lizel en détails >>>)

 

Zainab Ecumba, KUDHEIHA,
Kenya :


La participation à la Conférence internationale du travail de cette année à Genève a été très bénéfique pour moi en tant que travailleuse domestique migrante.

J'ai pu découvrir des informations de première main sur la façon dont les gens élaborent une convention et ai pu rencontrer des leaders importants de divers secteurs, que je n'aurais jamais rencontrés autrement dans ma vie [...]. La CIT a réuni toutes les personnes concernées que je désirais ardemment rencontrer pour discuter des problèmes des travailleurs domestiques migrants.

Il était particulièrement important de pouvoir rencontrer notre secrétaire général du COTU, frère Francis Atwoli, et de pouvoir lui expliquer la nécessité de ratifier la C189 au Kenya.

Faire partie du comité pour la violence et la discrimination sur le lieu de travail m'a aidé à démystifier les questions de savoir quand êtes-vous victime d'une violation sur votre lieu de travail et quel est le type d'environnement idéal pour tous les travailleurs domestiques.

 

Elena Perez, Asociacion de Trabajadoras Del Hogar (ATH),
République Dominicaine et membre du ExCo de la FITD :


De mon point de vue, les éléments suivants étaient très importants pour notre participation réussie au processus : 

1) travail d’équipe. 2) l'orientation et les réunions préparatoires quotidiennes avec nos alliés de WIEGO, StreetNet, HomeNet et de l'UITA, 3) les débats dans le groupe des travailleurs, 4) les débats en séance plénière et 5) les alliances. Tous ces points étaient très pertinents car ils nous ont aidés à clarifier le processus.

Les réunions quotidiennes du matin en tant qu'équipe nous ont permis de clarifier le processus, nos objectifs et nous ont permis de préparer stratégiquement nos propositions et amendements. L'alliance avec le groupe des femmes de l'ASC a également été très importante puisqu'elle nous a permis d'échanger des informations pour tracer les pays favorables et ceux qui sont opposés, ce qui nous a permis de faire du lobbying auprès de ces pays pour les convaincre de soutenir une convention avec une recommandation [...]

Une autre partie intéressante était de voir comment les gouvernements s'expriment en groupes, comme c'est le cas du groupe européen GRULA (Amérique latine et Caraïbes) et du groupe africain qui lorsqu'un parle il parle en tant que groupe ou région et non en tant que pays individuel. [...] Cette grande expérience nous donne aussi une belle opportunité car maintenant nous avons une année pour faire du lobbying auprès de nos pays pour l'adoption d'une convention afin de garantir un monde du travail sans violence. Je crois que si nous continuons à travailler ensemble d'une seule voix, nous allons gagner!

La bataille des négociations : Victoires et défis à la CIT.

Discuter et débattre pour la première fois lors du processus d'établissement des normes de l'OIT n'était PAS un processus facile car de nombreux employeurs ne souhaitaient PAS qu'un instrument obligatoire soit exprimé au cours des débats de la commission tripartite.  Pourtant, malgré les défis et grâce à de nombreux efforts de lobbying, la victoire majeure a été un accord pour obtenir une convention complétée par une recommandation. Nous avons été très heureux de voir comment l'adoption de la C189 en 2011 a ouvert la voie à cette convention et a soulevé tant de prises de conscience et de préoccupations pour mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail.

D'un autre côté, l'une des principales pertes subies par les travailleurs a été la suppression de la liste des travailleurs qui sont touchés de façon disproportionnée par la violence et le harcèlement en raison de leur orientation sexuelle et de genre comme la communauté LGTBQI. Le groupe des travailleurs, avec un cœur très lourd, a du faire des compromis sur ce point, car il y avait une forte opposition de la part de plusieurs groupes gouvernementaux et d'employeurs.  Il n'y a pas eu d'accord sur les définitions et la terminologie. Nos principaux défis à venir pour 2019 sont essentiellement de faire comprendre à nos fonctionnaires gouvernementaux la dynamique et les risques quotidiens auxquels sont confrontés les travailleurs de l'économie informelle en raison du manque de protection et de ne pas avoir un accès effectif à la justice.

Planifier les prochaines étapes pour travailler en 2018-2019. 

La FITD continuera à organiser, mobiliser et élaborer des stratégies sur les différents niveaux et domaines d'action. Effectuer un lobbying intense au niveau local avec nos gouvernements et avec nos syndicats, sera un aspect clé de notre travail jusqu'en 2019.

Commencer par de l'évaluation en ligne et des sessions de débriefing avec nos dirigeants au niveau régional afin d'avoir une compréhension collective de ce qui nous attend exactement.   Au niveau national et local, nous continuerons à soutenir et à mener des campagnes de plaidoyer dans au moins 2 pays par région. En septembre, la FITD se joindra également à la CSI dans ses séances de débriefing et de stratégie pour faire partie des efforts mondiaux de plaidoyer. Notre premier atelier de stratégie sur la VBG aura lieu lors de notre deuxième congrès au Cap, en Afrique du Sud, en novembre. S'il vous plaît restez à l'écoute, branchez-vous et gardez votre esprit guerrier jusqu'à ce que nous gagnions ce combat!

Halte à la violence fondée sur le genre et soutenez la convention de l'OIT !


Photos: Jennifer Fish

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Story Type: News

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